Poésie

Le voyageur d'un été splendide

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Le voyageur d'un été splendide [Hommage à ceux que le SIDA a emportés en pleine jeunesse] Cet été-là fut fort splendide Avec ses courtes nuits animées Et ses jours non moins animés Par notre jeunesse candide. Cette fougue de la vingtaine Qui nous a rendus insoucieux De tous les risques pernicieux Des nuits de fête qui s'enchaînent. Nous étions pris à vivre Et voulions être libres Cette insouciance heureuse qui Nous poussait à goûter à tout, Désir comme plaisir, partout Où l'on pouvait tuer l'ennui. La fatigue semblait n'avoir Sur nos êtres aucun effet Nous que l'on croirait tout-à-fait Investis d'un divin pouvoir. Nous étions pris à vivre Et voulions être libres. Pourtant quand tu tombas malade Ce prétendu divin pouvoir Fut d'action aussi dérisoire Que nos indiscrètes bravades Et nous étions tous impuissants Lorsqu'en ce jour de grand orage Tu fis, très jeune, ce voyage Terrible vers le Tout-puissant. Un seul jour pour tuer La splendeur d’un été. Nous étions pris à vivre Et voulions être libres Quand un jour a tué La splendeur d’un été.